Jérôme Galpin, partie 2 : L’aventure ne fait que commencer

Credits: NASCAR Whelen Euro Series / Stephane Azemard

Suite de notre entretien avec Jérôme Galpin, la première partie est visible ICI

Credits: NASCAR Whelen Euro Series / Stephane Azemard

Pourquoi avoir choisi la NASCAR ?

La NASCAR a un état d’esprit particulier et cela correspond à notre tempérament, il y a un vrai curseur qui est placé entre les gens et les relations humaines. Cette discipline laisse une place importante à l’Homme car il n’y a pas d’électronique et seul le pilote fait la différence. Pour la partie mécanique il n’y a pas besoin d’ingénieurs ni de télémétrie à outrance, seules les compétences humaines sont ainsi sollicitées et font donc la différence.

A l’heure où des séries sont en difficulté, comment expliquez-vous ce succès depuis 10 ans ?

Nous travaillons énormément avec les équipes et les pilotes et c’est vraiment basé sur la relation avec eux. C’est un échange, en essayant d’écouter tout le monde et de faire ainsi les bons choix. C’est une question d’équilibre car les équipes sont fragiles économiquement, il faut donc faire attention à chaque modification du règlement. Nous avons la chance d’être en contact avec plus de 2.000 personnes impliqués dans la NASCAR. Donc quand nous avons une question technique, marketing, réglementaire ou quoi que ce soit, Il y a toujours quelqu’un qui, du haut des 70 ans d’histoire de la NASCAR, peux nous renseigner. On est très attentif à travailler avec nos pilotes, nos équipes et la NASCAR et à faire attention à la partie budgétaire qui est vraiment importante.

Quel est le budget pour un pilote sur une saison ?

Le budget pour un pilote va être en moyenne aux alentours de 70 000 € pour la saison et cela peut atteindre jusqu’à 100 000 € pour un top team. Pour une équipe qui se lance, le budget est généralement inférieur à la moyenne. Si aujourd’hui on prend le ratio entre le budget et les perspectives dans le cas où on est champion NWES, la NASCAR offre certainement un des meilleurs ratio en Europe toute disciplines du sport automobile comprises. Avec le titre, on va à Charlotte, on gagne des courses à l’étranger. Ce sont des gains importants en comparaison avec les autres disciplines européennes pour un budget qui correspond à peine à une série nationale. Je pense que nous sommes dans un budget de Clio Cup donc le ratio budget/performance de la voiture est intéressant. Il y a également la popularité des événements. Peu de séries existent où l’on peut rouler devant 40 000 personnes comme à Brands Hatch.

21 nationalités représentées cette année, vous attendiez-vous à un tel succès international lors du lancement de la série ?

Quand nous avons commencé, jamais on aurait imaginé devenir une série NASCAR et que cela se développe autant et nous n’aurions pas pensé en être là aujourd’hui mais quand on voit le potentiel nous n’avons pas fait plus de 25 ou 30 % du chemin et du potentiel de la série donc il y a pleins de belles choses à venir encore.

Credits: NASCAR Whelen Euro Series / Stephane Azemard

Quels sont les évolutions que vous envisagez pour le championnat dans les années à venir ?

Nous avons la chance d’avoir de bons partenaires mais nous n’allons pas pouvoir étendre le calendrier indéfiniment. A chaque fois qu’on rajoute une épreuve, cela fait du budget en plus pour les équipes et les pilotes, il faut donc que nous grandissions ensemble. 6 ou 7 courses c’est très bien dans une année et nous réfléchissons sur la possibilité d’établir une rotation car nous avons de nombreuses demandes des circuits.

Credits: NASCAR Whelen Euro Series / Stephane Azemard

Est-il prévu à court ou moyen terme de faire un partenariat avec une simulation ?

Les simulations (Iracing, Nascar Heat) c’est quelque chose d’assez pointu et il y a une vraie corrélation qui se fait entre les deux mondes. On voudrait essayer d’aller plus loin pour établir une passerelle entre le jeu vidéo et la réalité donc oui on y travaille clairement avec la NASCAR et les simulations.

A l’heure où plusieurs séries passent au V6, cela est-il envisageable pour vous ou est-il important de garder le V8 ?

Il faut voir comment cela évolue et si cela a du sens, si c’est faire des changements pour que cela n’apporte rien au spectacle et à la série, alors non mais si il y a des choses qui se font et qui nous permette de faire un gros step en avant et que cela sera plus spectaculaire ou plus fun à conduire alors pourquoi pas. Nous sommes très attachés au spectacle proposé à nos fans et au plaisir de pilotage que les voitures procure à nos pilotes.

La NWES était absente lors de la Race Of Champions au Mexique. Peut-on s’attendre à un retour lors de la prochaine édition ?

Nous avons d’excellentes relations avec Frederik Johnson (organisateur de la ROC) et toute son équipe mais nous étions impliqués en WRC au Monte-Carlo une semaine plus tard. Nos programmes n’étaient donc pas compatibles. Les pilotes sont toujours très heureux de rouler sur nos voitures, donc oui, vous aurez la chance de revoir nos autos à la ROC.

Credits : Race of Champions
Credits: NASCAR Whelen Euro Series / Stephane Azemard

Dans vos locaux à Blois en France, quel travaux effectuez-vous sur les autos ?

On s’occupe de la partie motorisation car les moteurs sont plombés et les équipes n’ont pas le droit de les ouvrir. Nous avons également tout le service pièces détachées qui est ici et nous offrons nos services aux équipes en tant que plateforme logistique comme pour la team Memphis basée en Suède ou la Go Fas basée aux États-Unis. Ils ont ainsi la possibilité d’envoyer leur auto dans nos locaux ainsi que leurs mécaniciens pour travailler dessus. Nous nous occupons aussi de la révision hivernale pour certaines teams afin que leurs autos soit prêtes pour le début de saison. Enfin, nous construisons des voitures neuves et nous reconditionnons certaines qui ont déjà courues.

Interview de Jérome Galpin le 29 Mars 2019 réalisée par Guillaume Hesnault